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voxpop20
24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 17:03




The Hunches
Exit Dreams 
In The Red Records - (16-02-2009)

Attention, un nouvel album des Hunches se profile à l'horizon. Vos sens et ceux de votre entourage en prendront assurément un coup à l'écoute de Exit Dreams.
On le sait depuis Yes. No. Shut It.: avec les cinq éternels ados de Portland, le rock redevient cette musique animale qui fait fuir papa et maman. Pour notre plus grand bonheur. 
Oubliez tout ce que vous savez du garage-punk des 00's, le son jouissivement foutraque des Hunches vient foutre le bordel dans vos convictions.
 La pochette, déjà, illustre bien le contenu de l'album. C'est urgent, violent, sauvage, agressif, tripant. Moins assourdissant mais sûrement meilleur que le précédent, c'est cet album qu'il faut posséder pour finir février, entamer mars. Dire bonjour au printemps approchant, retirer les manteaux et les écharpes, parce que merde! c'est la transe avec les Hunches. 
Et on pourra s'agiter - avec maladresse- jusqu'à l'épuisement total sur l'électrique-mélodique-dérangée "Swim Hole" ou sur la simplement excellente "Carnaval Debris". On noiera nos oreilles et nos pensées obscures sur la trop bonne et trop excitante "Pinwheel Spins" avec laquelle on a tout juste le temps de respirer.
Les guitares sanglantes et le chanté-hurlé de "Ate My Teeth" ou "Your Sick Blooms" ne laissent jamais indemne; le garage de "From This Window" et "Not Invited" filent une chair de poule flippante; le plaisir que provoquent "Actors" ou "Deaf Ambitions" mettent le doute sur notre "sainteté d'esprit"... Bref, Exit Dreams est l'album le plus puissant de ce début d'année, le restera peut-être au long de l'année.
La seule évocation des titres, noirs à en pleurer, donne envie de courir chez le disquaire le plus proche. Fortement conseillé, ne vous retenez pas!

 



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Published by Alison R. - dans Chroniques de disques
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21 février 2009 6 21 /02 /février /2009 09:44
KITSUNE MAISON EN VRAI! 

David E. Sugar + Two Door Cinema Club + La Roux + We Have Band


La Maroquinerie, l'un des rares lieux parisiens à la mode qui reste assez humain. Avec un bar où vous pouvez déguster un café en même temps que le groupe que vous allez voir (en l'occurrence ce jour là We Have Band) ou croiser quelques chroniqueurs tv assez branchés musique. 
Le décor était planté et la couleur annoncée. Les seules saoulées au café et droguées au sucre, nous entrons dans la salle légère, une quinzaine de minutes avant le début.
 
La soirée commence assez calmement avec un dénommé David E. Sugar qui se confronte à un public pas forcement réceptif pour un set de 45 minutes assez intéressant. Artiste au talent insoupçonné, E. Sugar sera cependant soutenu par deux jeunes garçons, véritables stars de ce début de soirée, à la limite de lui voler la vedette. Très impliqués dans une chorégraphie que l'on ne pourrait reproduire qu'après quelques verres, ils auront tout de même réussi à sauver la soirée en entrainant la foule robotique sur la piste.
David E. Sugar, sorte de Keith Murray électronique, termine son set en beauté, après s'être appliqué sur son ordinateur pour en sortir des mélodies agréables et entraînantes en même temps. 

Place ensuite à Two Door Cinéma club, la petite bande de jeunes chevelus inconnue au bataillon. Assez dissemblable du profil Kitsuné, le groupe se lance dans un set peu convaincant, les rythmes et les accords se ressemblant trop. Pourtant, leur chansons n'étaient pas des plus déplaisantes, mais ne semblaient que faire office de transition pour la petite starlette de la soirée. On notera tout  même une implication démesurée du bassiste ainsi qu'une masse capillaire digne d'une pub pour gel ultra fixant à tenue infinie. Mais nous ne tiendrons pas rancune à ces garçons, très sympas. Peut-être que d'ici quelques années leur style s'affirmera.

Ce n'est qu'un quart d'heure plus tard que La Roux apparait avec Mickey et Micky (ce n'est pas une blague) ses deux musiciens fétiches. 
Malgré une petite erreur technique (eh oui les Mac aussi peuvent bugger il ne s'agit pas d'un privilège réservé aux détenteurs de Pc que nous sommes) sur son tubissime "Quicksand", la petite anglaise, loin d'être déstabilisée, reprend son set comme-ci de rien n'était, transmettant une bonne humeur palpable. Ses petits pas de danse et son énergie communicative donneront à ses trois-quarts d'heure de présence un goût particulier. 

Mais la véritable star de la soirée, celle qui nous a réellement fait déplacer dans les rues sinueuses du XXème, est We Have Band, qui clôt dignement la soirée, et accessoirement, son premier Show parisien. 
Il n'y a pas de mot pour décrire l'euphorie déclenchée par leur premier titre sur scène. 
Tout ce qu'on a pu lire sur eux est totalement faux. We Have Band c'est encore mieux en live!
Emmenés par le charismatique batteur au déhanché ravageur, Dede Thomas et Darren sont de véritables machines de guerre qui transportent les 500 personnes surexcitées dans leur univers bordé d'influences inattendues. Entre les titres bien connus "Oh", "Hear it in the cans" ou encore "You came ou"  qui se révèlent être tout à fait exceptionnels, et des nouveautés appétissantes (impossible à nommer le trio joue sans setlist); les trois anglais font preuve d'un talent rare couronné d'une incroyable maturité.

C'est tout à fait rassasiée et béate que la foule quitte la salle pour se voir offrir des affiches géantes et une compilation "Kitsune Pioneers" que nous ne manquerons de chroniquer d'ici peu.
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Published by The Clandestines - dans We were there
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16 février 2009 1 16 /02 /février /2009 01:23



Le temps manque terriblement.
Un article express qui vient s'imposer sans réflexion préalable en pleine pénurie. Il fallait bien finir par en parler de ce groupe qui monte, et visiblement bien parti pour s'imposer comme une des révélations de l'année. Avec leur premier single charismatique, "Roll Up The Red Carpet", Doll and the Kicks démontrent juste qu'ils en imposent. En réalité, c'est peut-être Doll qui en impose plus que The Kicks. 
Perdue quelque part entre Debbie Harry et Gwen Stefani;  la fameuse Doll, chanteuse, meneuse, leader, chef de fil de la formation,  dicte la marche à suivre, et se fait obéir au doigt et à l'oeil par ses gentils disciples. 
Il vous sera quasiment impossible, cette année, de passer à côté de l'instrument-voix aigue-agressive de la petite anglaise peroxydée. D'autant que le groupe assurera plusieurs parties d'un dénommé Morissey; voilà qui met l'eau à la bouche.
Outre ce programme alléchant et un album - du même nom que le single - à venir dans une petite poignée de mois, difficile de s'étaler sur la nouvelle ponte indie d'outre-Manche.
Le groupe  puiserait apparament son inspiration du côté de chez Kate Bush ou de chez Blondie. Pour ce qui est de PJ Harvey, trop délicat, on attendra encore un peu pour voir.
En résumé, Doll and The Kicks risque d'exploser sérieusement dans un avenir plutôt très proche et votre ouïe risquera alors d'être quelque peu troublée.

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Published by Alison R. - dans We Predict a Riot
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3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 20:20


Il fallait le temps de l'analyser dans les moindres détails pour parler correctement de cet album. On ne prend pas à la légère ce qui sort de la bouche du Franz; et ses promesses semblent avoir été tenues pour ce troisième opus du quartet écossais qui a réussi à faire revenir les amateurs de rock sur les pistes de danse.
Le premier signle non officiel avait déjà quelque peu attiré notre attention mais c'est sur "Ulysses" que s'ouvre l'album dont le clip (à  s'y méprendre digne d'un James bond) résume tout à fait l'esprit de l'album. La bande à Kapranos nous entraîne dans une course nocturne haletante contre le temps ("what she came for" ou "Turn it on"). Un rêve ou plutôt un cauchemar plus acide que "Lucid".
Une truc pas clair, une affaire louche rode, il suffit d'écouter  "No you Girl" où les percussions ne sont rien d'autre que...des os humains. Vous savez ce qu'il vous reste à faire pour finir entre les mains du batteur de votre groupe préféré.
Le périple ne s'arrête pas là, les claviers leurs viennent au secours sur  "Live alone"  puis "Bite Hard" qui confirme que Tonight n'est pas destiné à occupé vos platines dimanche après midi ou prendre la poussière dans votre collection. Le titre est à prendre à l'impératif  après tout ce sont les Franz qui vous y invitent.
La nuit s'achève comme il se doit au pas de la porte aux bras de la jeune fille à la veste en cuir. Les rues sinueuses laissent finalement place à "Katherine Kiss Me" ,ballade qui clôt l'aventure. Le soleil se lève et on est prêt à recommencer .
En ce soir de première date Parisienne les Franz Ferdinand nous font comprendre qu'ils n'ont pas cédé aux succès. Ces mauvais garçons propres sur eux en couverture essaient plus  de dissimuler une bavure que fuir les flash des paparazzis.

 



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Published by Rebecca H. - dans Chroniques de disques
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1 février 2009 7 01 /02 /février /2009 11:10


Être passionné de musique est assez étrange en définitive, surtout quand il s'agit de rock.
Beaucoup de monde se pose des questions sur les raisons de notre engouement pour des groupes de "petits branleurs" qui ont juste pris la peine d'apprendre à jouer quelques accords de guitare.
Souvent, les gens ne comprennent pas le fait qu'on puisse s'attacher à ce monde au point d'en parler tout le temps, d'y penser beaucoup, d'en faire un blog...
Alors, ces personnes finissent par nous interroger, avec un petit air ironique, pour tenter de comprendre peut-être. "Comment tu peux t'enfermer à ce point dans ta musique?". Mais qui a parlé d'enfermement?
Bien décidées à prouver à tous que par le seul biais de la musique nous pouvions avoir accès à un tas d'autres genres artistiques; nous avons décidé de monter une sélection de 10 artistes qui se sont, un jour, impliqués dans la musique.
Imposant leur seconde passion, prêtant main forte aux musiciens, revendiquant leur penchants, défendant leurs goûts; tous ces artistes ont plus ou moins contribué à l'épanouissement d'un genre, à la popularisation d'un style ou ont juste trouvé le moyen d'allier deux hobbies.

(Sans ordre ni classement particulier)

















































Jean-Charles De Castelbajac

JC/DC (à prononcer à l'anglaise) fait parti des créateurs qui n'hésitent plus à faire jouer des groupes en live pour donner un petit coup de pouce à sa collection. Dernièrement le Catwalk a eu droit à un superbe set de Man like Me. On peut le croiser dans les concerts parisien où il n'hésite pas à se mêler à la foule pour acclamer les derniers petits groupes qui nous plaisent (tous ceux qui étaient au concert de CSS en juin 2008 s'en souviennent). Sa passion se traduit également dans son travail, de sa robe "Smell like Teen Spirit " à sa collection Jc in the Sky with diamond que l'on peut qualifier de pop en général. Sûrement l'un des seuls de cette selection à être quasi passé à l'acte en produisant une bonne partie du dernier album de Maréva Galenter. Le resultat est quelque peu mitigé à vrai dire on le préfère dans nos placards car il nous fait divine belle en nous faisant divinement rire.



Make Abetz et Olivier Drescher

Légèrement moins populaires que tous les autres artistes de la sélection, Abetz et Drescher sont néanmoins très caractéristiques de ce dont nous traitons. Ils illustrent à merveille leurs sérieux penchants rock et pop 60s via des peintures très colorées représentant guitares, vinyles, garçons dans le vent avec perfectos et bottes. Visiblement très fiers de leurs références, ils traduisent avec un talent rare leur amour prononcé de la musique. Leurs tableaux sont une sorte de mix entre flower power et guitares ensanglantées, mélange entre fond froid et superposition d'éléments a priori incohérents. Le point positif et capital, c'est qu'on n'a jamais assez regardé leurs tableaux. Ils attirent l'oeil et le garde en éveil. Chaque nouveau regard sur les peintures s'avère fructueux. Ces allemands, friands de rock anglais, ont déjà su séduire lors de leur exposition "The Modern World Starts Now" et leur reconnaissance hexagonale se veut croissante. Des peintres qui valent sérieusement le détour. On vous aura prévenu.
 

Peter Whitehead

The Fall, Tonight let's all make love in London, The Perception Of A Life, Pink Floyd London 66-67. Qu'ont tous ces titres en commun, à part le fait qu'ils soient films et musique en même temps? Peter Whitehead, le génie de la réalisation en matière de musique. Peter Whitehead a cotoyé les plus grands du rock (Rolling Stones, Pink Floyd..) et leur a concocté d'incroyables clips ou consacré de grands films/reportages. Les prestations scéniques des groupes étaient sublimés par son goût. Il dosait juste. Souvent comparé à un ethnologue, il trouvait à travers la pop 60s un esprit de contre-culture révolutionnaire. Ainsi, il monte Wholly Communion avec les nihilistes de la Beat Generation (Ginsburg, Corso ...). Son film le plus reconnu, considéré comme l'un des meilleurs est The Fall, qui comme nombre de grandes oeuvres, avait à l'époque, laissé les gens légèrement indifférents et perplexes. Jeunesse engagée contre la violente guerre du Vietnam. Peter Whitehead représentait avec talent ce qu'il défendait, ce qu'il aimait. Ainsi, Mick Jagger et Andrew Oldham se retrouvent pris dans une manifestation anti-guerre dans "Tonight, Let's Make Love In London".
Par la suite, Whitehead devient fauconnier pour un prince arabe. Un parcours assez étrange qui peut rappeler quelques grands artistes. Peter Whitehead fait parti des grands; partout aujourd'hui on lui rend enfin hommage. 



Vivienne Westwood

 Vivienne Westwood est un des piliers de cette sélection. La définition parfaite de l'artiste impliquée dans la musique. Son nom se rapporte automatiquement à Malcom McLaren, musicien et accessoirement manager des Sex Pistols et des New York Dolls.
Mais, la styliste anglaise est surtout connu comme étant la première à oser le style punk. Rebelle dans l'âme, elle ouvre la première boutique de mode punk baptisée Sex. Le magasin se popularise ainsi, il est provoc', ironique, sarcastique, insolent; la styliste à la tignasse de feu créée des cuirs, des tee-shirt pornographiques, des slogans agressifs... inutile de faire un dessin, elle est celle qui a habillé les Sex Pistols; c'est punk jusqu'au bout des ongles! Le tout est finement mêlé et parfaitement bordélique. Considérée comme une des stylistes les plus influentes (Stella McCartney, Alexander Mc Queen ou encore John Galiano); classée 6ème sur le "Women's Were Daily" (sorte de Bible de la mode). La grandeur et l'incandescence du punk se lit aujourd'hui encore à travers elle!
Let It Rock!

Hedi Slimane

Un personnage qui reste quelque peu discret. On peut penser qu'il est bien trop tôt pour que l'on puisse mesurer l'influence qu'il a pu avoir sur la scène musicale actuelle. Hedi Slimame a oeuvré autant sur le plan de la mode  que dans la musique en réconciliant deux mondes qui semblaient s'être tournés le dos depuis longtemps. Du look dandy rock à silhouette un peu androgyne chez Dior à son fameux "London birth of a cult", tout semble réussir à ce jeune créateur initialement destiné à une carrière dans le journalisme. Cela n'a rien avoir avec la chance c'est parce qu'il entreprend avec sérieux tout ce qu'il fait ,d'où son départ en 2007 pour se concentrer sur sa propre marque. C'est sans surprise qu'on le retrouve aujourd'hui à Benicassim ou en tant que syliste pour la dernière tournée de Daft Punk peut être même derrière les platines au détour d'une soirée. En attendant, il a aussi pris la place du blogger photographe où se croisent acteur, découvertes, groupes et anomymes.

 

Elizabeth Peyton

Influencée par Hockney et Warhol, Elizabeth Peyton aborde un style très original où la popularité du modèle rencontre le confort intimiste d'un petit portrait. Elle peint souvent sur de petites toiles, ses tableaux très inspirés, qu'elle tutoie et appelle par leur prénom. Clairement influencée par des sons très rock & pop, ses peintures varient de Sid Vicious à John Lennon en passant par  Jarvis Cocker (pour les plus connus). Elle les baptise "Sid", "John" ou encore "Jarvis", sorte de signature spécifique. Une de ses oeuvres est dans la collection du Centre Pompidou. Et pour le côté actualité, elle a récemment peint Michelle Obama. Des thèmes actuels, des oeuvres sécifiques (souvent faites à partir de photo), un talent imparable et une pleinitude interpellante; les tableaux d'Elizabeth Peyton donnent juste envie d'être possédés.


Florent Mazzoleni 

Florent Mazzoleni, redacteur aux inrocks, n'aurait jamais du figurer dans cette sélection, nous le concevons parfaitement. Sinon, trop facile, nous aurions dû placer Ungemuth pour sa plume percutante, Lester pour ses métaphores parfaites ou simplement Manoeuvre parce qu'il est lui (ou pour ses lunettes peut-être..). Mais, au delà de tout cela Mazzonleni a fabriqué plusieurs éditions de L'Odyssée du Rock, excellent pavé qui résume l'histoire du rock, des années 50 à nos jours ( le dernier s'arrête en 2007). Ce bouquin, très connu, qui a même réussi à se faire un nom, se lit facilement et contient des images originales et pour certaines introuvables. L'auteur n'est jamais vraiment objectif et c'est peut-être ce qui peut plaire, dans la subtilité de son écriture.
 On n'est pas toujours d'accord avec ce qu'il décide de taire et ce qu'il choisi de mettre en avant, mais il faut avouer que tout y est. On y trouve tout, des dates de sorties d'albums aux petites anecdotes croustillantes. Par ailleurs, il a aussi fait pas mal de bouquins sur la musique africaine, la soul, le disco, le blues, James Brown... qui ont aussi une reconnaissance toute particulière. C'est pout tout cela que Mazzoleni a une place dans notre sélection. 


Andy Warhol  

Chef de file du pop art, c'est un peu par hasard dans un petit club de New York qu'il découvre le Velvet Underground qui deviendra le centre The Exploding Plastic Inivitable. Une véritable experience et performance artistique intense fortement controversée à l'époque qui cherche provoquer et destabiliser le public: des lumières aveuglantes, une musique assourdissante dans une foule compacte.  Aussi eprouvante pour le public que pour le groupe lui même; et mettra à l'epreuve la solidité du Velvet durant une tumultueuse tournée sans fin. Sans lui pas de Velvet Underground and Nico. C'est vrai qu'aujourd'hui on se souvient plus de la banane sur la pochette de l'album (que l'on pouvait peller sur l'edition originale) mais il a fait bien plus de l'at work en passant de temps à autre en studio pour aiguller le groupe. Cela n'aura été que l'affaire d'un album, on le connait pour ne pas pouvoir tenir en place. Il se recentrera pas la suite sur ses oeuvres en gardant un lien étroit avec la musique et on lui connait sa fin tragique.

Vincent Moon

L'un des fondateurs de la blogothèque et des Concerts à Emporter, autant dire le meilleur podcast video de la blogosphère. Que ce soit dans un petit bar parisien (The spinto Band pour le numéro1), dans une baignoire, un téléférique ou au détour d'une rue, le constat est le même depuis 3 ans ce podcast a permis de sortir la musique des clubs et des salles de concerts pleines à craquer pour des performances intimistes sans superflu  avec les moyens du bord et toujours le même engouenement que ce soit Arcade Fire, Bloc Party ou un groupe encore à ses débuts. C'est par ce chemin là que l'on découvre son travail de réalisateur toujours aux cotés des musiciens . Ses dernières collaborations en date A skin Anight qui suit The National au coeur l'enregistrement de Boxer ,ou The Flying Cup Club  qui illustre chaque titre de l'album dans différents endroits à Brooklyn accompagné Zach Cordon et  de ses musiciens. Finalement, on se dit qu'Internet ne détruira pas la musique, bien au contraire...


Jean-Christophe Menu

Jean Christophe Menu, dessinateur, est un vrai passionné. "Looked Groove Comix", sa dernière BD qui a pas mal fait parlé d'elle, est totalement imprégnée de cette passion qui ne le lachera pas. "Ces titres sont TOUS meilleurs que TOUT ce qui passe au Hit Parade", c'est avec cette phrase mémorable qu'il exprime ses pensées et les met en images sur une de ses BD. Ainsi, Menu découvre la musique avec le N°1 des Beatles pioché dans la collection de son père. Et depuis, il ne s'arrête plus. Il se nourrit de pop 60s, fume du punk. Ses références? Dead Kennedys, Bauhaus, les Saints... Une collection d'environ 6000 vinyles pour trouver toute l'inspiration nécessaire et fabriquer ce parfait mixe BD, rock; "ils sont tous deux contre-culture et sont donc fait pour s'entendre" dit-il. Pourquoi pas. En tout cas "Looked Groove Comix" donne bien envie (Sonic Youth, les Beatles etc y sont présents). Disponible et en évidence dans n'importe quelle FNAC.

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Published by The Clandestines - dans Sélections
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22 janvier 2009 4 22 /01 /janvier /2009 21:54


The Unicorns

A l'origine, quand Rebecca et moi avions décidé de créer une rubrique "What happen to..", on s'était dit qu'il y aurait du beau monde à mettre dedans, des tas de groupes éphémères aujourd'hui disparus ou dont on ne parle plus.
Et puis finalement, on s'est rendu compte qu'on n'avait pas forcément envie de se rappeler de certaines formations, bien heureuses qu'elles aient rendu l'âme. Du coup, notre fameuse catégorie battait un peu de l'aile. Comment trouver un groupe dont la disparition nous irrite encore?

L'idée des Unicorns me vint alors que je découvrais (tardivement) (trop tardivement) l'existence d'un certain Live at Rhino's DVD, apparament sorti en 2008. Dévastée par ce sérieux retard, je me suis ruée sur tout ce qui pouvait se rapporter au groupe, autrefois considéré comme "the next big thing".
Bien loin des Libertines (qui avaient fait l'objet d'un article précédemment), la séparation des Unicorns n'a pas touché grand monde. Dommage!
Lorsqu'ils sortaient, en 2003, leur 1er albumWho Will Cut Our Hair When We're Gone, on sentait déjà la folie en eux. Pas seulement à cause du titre délirant de l'album mais aussi par le biais de tout le surréalisme que contenait des morceaux comme "I Don't Want To Die" ou "Jellybones", que ce soit grâce à la puissance minimaliste ou l'incroyable maîtrise d'instruments pour le moins divers.  
Et comme si tout allait de soi Niel Diamonds, Alden Ginger et J'Aime Tambeur ont construit un album plutôt très bien fichu de treize excellentes pépites (dont au moins 6 ou 7 imparables).
Qui sait ce qu'ils seraient devenu aujourd'hui...Certainement le plus grand groupe pop de sa génération. Peut-être moins connu que Arcade Fire (qui assurait leur première partie) mais de meilleure qualité, sûrement plus reconnus. 
Les Unicorns savaient ce qu'ils voulaient et ce qu'ils faisaient. Ils ont refusé de vendre "I Was Born A Unicorn" à Adidas. Dès lors, seul leur musique comptait.
 Ils créaient des sons très pop/lo-fi pour y installer des paroles sombres, avec la mort pour thème récurrent. Assez étrange en somme. Les mélodies étaient frappantes, tristes, décalées. Les fisherprice retentissaient au milieu d'un ghost, ghost dans un délicieux bordel mélodique. Toute la fraîcheur 00's mêlée au génie 60s. C'était beau.
Mais alors que s'est-il passé au pays des caribous pour en arriver à un split cursif des Unicorns?
Les rumeurs veulent que les disputes répétitives des frères Diamonds et Ginger y soient pour beaucoup. Tout le monde a entendu parler des insultes et bagarres qui animaient leurs prestations scéniques(1), ce qui les rendaient un rien plus excitantes que les autres; et c'est précisément ce qui a couru à leur perte malheureusement.

Alors aujourd'hui, grâce aux Unicorns, notre rubrique va à nouveau de plain. Mais, eux, qu'est ce qu'ils deviennent?
Diamonds et Tambour ont formé Islands sur les cendres des Unicorns en 2005, pour spliter l'année suivante(2).
Alden Ginger a, quant à lui, monte Cluesavec Brendan Reed ( ex- Arcade Fire). Un album serait à prévoir pour avril (Constellation Records).


(1) : Leurs concerts n'étaient pas animés que par des disputes. Leurs frusques fluorescentes, la présence de SDF y étaient pour beaucoup aussi.
(2) : Les Islands ont connu une période de flottement à l'époque où Tambeur a quitté le groupe. Mais ils existent toujours!  (edit)

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Published by Alison R. - dans What happen to...
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18 janvier 2009 7 18 /01 /janvier /2009 13:00
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La qualité d'un roman sur la musique se joue dés les premières pages. Si le début peine à accrocher, il ne faut pas aller chercher plus loin, c'est raté et on ne revient pas dessus.
C'est quelque peu sceptique que nous laisse cette couverture qui laisse penser à un roman d'anticipation sur la fin programmée du monde musical tel qu'on le connaît actuellement. Ce jeune homme affublé d'une fourrure dans cette brume sûrement après quelques heures de jeu hypnotique sur sa Stratocaster qu'il balance au public tel un dernier cri avant de rejoindre l'anonymat.
C'est faire fausse route de le juger à sa couverture, le résumé n'en dit pas plus. Entrons dans le vif sujet, ce livre est une merveille autant pour les vieux routiers du rock qui traînaient aux premiers rangs des groupes aujourd'hui passés dans la légende que pour l'éternel nostalgique qui sommeille en chaque véritable amateur de musique.
La (s)cène s'ouvre sur un Bowie en pleine recherche d'inspiration dans un studio jadis foulé par les plus grands mais où persiste l'impression qu'il reste quelques chose dépassant tous nos sens et conférant un aspect mystique aux lieux. Toutes ses heures passées à chercher le fameux accord qui fera la différence entre un bide et un "Twist and Shout". Les disputes, les réjouissances, les montées fulgurantes , les descentes abruptes, les crises, les larmes versées... tout cela pour seulement quatre murs.
Pierre Achard nous fait clairement comprendre que le rock and roll - car oui appelons les choses par leur nom - n'est pas qu'un style musical apparu par magie au début du XXe siècle mais avant tout des personnes qui ont pris des décisions minimes à leur échelle mais au bon moment. Des héros d'aujourd'hui, loin du Superman de Marvel, des gens qui osent être ce qu'ils sont réellement pour rendre compte de la puissance d'une six cordes dont le nom fait tressaillir, rêver, fantasmer les guitaristes du monde entier. L'histoire de la musique y est inscrite. Aux noms aussi aussi mythique que leur possesseurs et source de superstition.
Pierre Achard se glisse dans l'histoire de ces personnes dont le nom vrai ou d'emprunt font encore naître des étoiles dans les yeux des artistes les plus accomplis, sans jamais sembler ne pas être à sa place. Loin des rumeurs de couloirs, peut être plus proche de la réalité que l'évènement en lui même (les principaux acteurs et témoins ayant pour la plus part aujourd'hui disparus). C'est ainsi que l'on accompagne Janis, Jimi,  Feddy, Vincent, Marvin vers un destin que contrairement à ce que l'on pense penser aujourd'hui n'avait absolument rien d'évident. Les questions les plus insolubles sur leurs disparitions trouvent une ébauche d'éclaircissement. C'est l'histoire de toutes ces figures dont on ne sait ce qu'elles seraient devenues si le destin ne les avaient pas frappées. Peut être une chance de ne pas nous décevoir. La vérité est devant nos yeux, on ne joue un grand rôle qu'une fois et cette porte de sortie, loin d'être la meilleure, est peut être le chemin le plus court vers une reconnaissance éternelle. Il n'auront pas eu le temps de nous expliquer ou de nous ennuyer avec leurs explications. Tout est dans leur musique et chacun est libre d'en faire l'interprétation.
Il revient également sur ces figures dont on fredonne souvent les titres mais dont le nom nous échappe et pourtant ayant inspiré plus d'un. Les ascensions trop rapides après une vie 'too less too soon".  Il croise et démêle les voix, pensées, genres et personnalités qui ont trop souvent jouées à la roulette Russe pour finir par ne plus vérifier si le chargeur était effectivement vide.
Ce livre permet de comprendre que le destin est au bout de la rue, il suffit juste de trouver la bonne. Pour le titre, les dernier jours du rock and roll, pas sure qu'on y assiste avant longtemps. La fin du monde se fera dans un grésillement car ces étoiles qui brillent un instant illuminent nos vies en s'écrasant dans un bruit sourd et entêtant qui nous survivra.
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15 janvier 2009 4 15 /01 /janvier /2009 13:45

#1


Animal Collective
Merriweather Post Pavilion
Domino - (12.01. 2009)

Là où la normalité est bannie.
Comment parler d'un album d'Animal Collective sans la tonne de formules élogieuses de rigueur pour qualifier leur musique? Aucune idée.

Il y a bien longtemps que l'objectivité n'existe plus lorsqu'il s'agit du groupe le plus original de la scène musicale actuelle. Monumentaux kaléidoscopes mélodiques qui s'enfoncent avec aisance dans nos petites oreilles friandes de choses étranges, les albums d'Animal Collective ont toujours été perçus comme de potentiels chefs-d'oeuvre.
Ils sont peut-être les seuls à oser déranger sérieusement nos convictions. Les seuls à nous faire croire qu'il y a encore des terres où il fait bon vivre dans cet univers musical aujourd'hui trop pollué par (entrez ici le nom du groupe qui vous énerve le plus).
Et il est réjouissant de penser que certains groupes n'ont pas pour seul objectif de faire figure de favori sur le pale papier peint jauni des chambres adolescentes aux vieilles odeurs de charogne et allures de décharges.
Mais le besoin de se distinguer de la masse n'amoindri en aucun cas la qualité de leur musique. Ils réussissent des prouesses incroyables, flirtant parfois avec le danger mais ne tombant jamais dans la catastrophe expérimentale d'un synthé mal maîtrisé. 

Tous ceux qui ont écouté se souviennent les cris indescriptibles de "Grass" (Feels, 2005) et les mélodies osées de "Chores" (Strawberry Jam, 2007).

Cette année, ils remettent ça. Pourquoi s'arrêter en si bon chemin? D'autant que l'inspiration coule à flot. Le génie ne cesse d'augmenter et la maturité apporte visiblement la précision. Car s'il fallait mettre un petit bémol sur les précédents efforts, on soulignerait peut-être le sentiment de désordre souvent ressenti à la première écoute. Sentiment qui disparaît sur Merriweather Post Pavilion. Le tout semble bien plus posé et parfaitement maîtrisé. Ainsi, dans la clarté la plus totale, le collectif nous embarque dans une histoire des plus sublimes. Sorte de conte ou d'épopée où sont conviés les sons séculaires de Spacemen 3 ("My Girls") et la grâce hypnotique de leur propre batteur Panda Bear. La sublime "Bother Sports" rappelle étrangement "Bros", de même que "In The Flowers" fait penser à "Comfy In Nautica"
Synthétiseurs ("My Girls" encore) et sampleur ("In The Flowers")   alertes toujours très présents constituent une véritable base, très solide.
Il brille de mille feux, sur fond de voix assassine de Noah Lennox sur "Daily Routine", se veut plus étiré et éthéré sur des sons un peu flottants ("Taste").
Le flow imparable d'Avey Tare offre de grands moments de plaisir sur une tripotée de chansons  ( "Also Frightened"," Summertime Clothes"...),  piochez au hasard. Cet album est un véritable trésor où le chanteur semble s'être triturer l'esprit des heures entières pour trouver les bons accords. Ceux qui réussissent si bien à faire remuer nos méninges et nos popotins (cela dit, quand on bouge le popotin sur Animal Collective c'est assez étrange). Et puis, ils atteignent des sommets ("Guys Eyes") et finissent définitivement de nous subjuguer ("Lion In A Coma").
On pourrait continuer à parler longtemps de tout ce qu'on aime chez eux, de l'électronique amélioré au nerd dévergondé, en passant par le côté créatif dans sa forme la plus pure. Etc Etc.

Mesdames, messieurs attention! Ménagez vos oreilles, la puissance d'Animal Collective est de retour pour un huitième album intitulé Merriweather Post Pavilion.

+++ : "Bother Sports", "Lion In A Coma"
- : "No More Runnin"



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Published by Alison R. - dans Chroniques de disques
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7 janvier 2009 3 07 /01 /janvier /2009 13:38

Oh!

WE HAVE BAND


On triche un peu, l'émeute  a quelque peu dépassé son balbutiement mais on ne parle jamais assez de ce qui mérite d'être mis en avant.
We have band, un nom aussi direct que leur musique, presque un manifeste à la hauteur de leur répondant. Ils s'en tiennent aux faits et n'ont pas la prétention d'en faire plus .
C'est dans les bureaux de EMI que se forme le trio autour du couple Dede/Thomas qui se décrit comme "disco rock", autant dire à la croisée de tout ce qui plaît en ce moment.
Une approche certes assez minimaliste, qui peut constituer leur talon d'achille; mais en face une pop hypnotique qui a su plaire récemment aux foules du public averti des Transmusicales de Rennes.
On les a vu arriver de loin cet été avec "Hear it in the Cans" mais c'est finalement "Oh", sorti en "7" outre manche, qui fera office de vitrine pour le Trio anglais.
Brassant l'énorme vide entre  Hot Chip,  NYPC, et Talking Heads,  on garanti l'efficacité de leur son dissident, en plein enregistrement d'album entre 2 concerts.
Un trio assez atypique, du batteur debout s'affairant également au clavier, jusqu'au micro partagé entre chacun dans un ordre anarchique parfaitement calibré.
Leur apparition sur la compile Kitsuné leur permettra de revenir en Février pour quelques dates en France de quoi nous donner matière à juger ou confirmer notre enthousiasme.

+
"You came out"

Myspace


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Published by Rebecca H. - dans We Predict a Riot
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1 janvier 2009 4 01 /01 /janvier /2009 00:00



A une époque où les enseignes ferment les unes après le autres, un endroit comme le Ground Zero attire instantanément notre attention. C'est par une après midi d'hiver, où le ciel de Paris hésite encore entre la neige et la pluie, que les Clandestines emmènent leur magnétophone jusqu'à la petite enseigne bleue, tenue en alternance par Franck et Julie (absente ce jour là), qui détonne un peu avec le paysage de Belleville. Franck Pompidor, batteur de l'un des meilleurs groupes de la scène musicale française actuelle, accepte de nous recevoir  dans sa petite boutique pour qu'on l'accable gentillement de questions. 


Comment est né l'endroit?


Le Ground  Zero est né  il y a 4 ans et demi. Avant on était dans le 11ème arrondissement, rue de Crussol. Ça fait un an et demi qu'on est ici(1).

Comment le magasin s'est-il monté?


Je l'ai monté avec deux labels indépendants. Un qui s'appelle Vicious Circle à Bordeaux; et le label Ici d'ailleurs de Nancy. Ce sont deux associés. On a décidé de monter un magasin de disques parce qu'on pensait qu'il y avait un manque à ce niveau à Paris, il manquait un endroit comme le Ground Zero. 

Tu voulais être disquaire depuis petit ou ça s'est imposé comme ça, par hasard?

Non, c'était un rêve d'enfant (rires). Avant j'ai bossé pas mal dans les labels musicaux, distributeurs de disques et c'est grâce à ça que je me suis aperçu qu'il y avait un manque. Ça ne m'est pas venu comme ça, je ne me suis pas dit tiens je vais monter un magasin de disques; comme j'aurai monté une boucherie. Ça s'improvise pas complètement, je pense qu'il faut avoir au minimum un pieds dedans.
Par exemple si je devais monter une librairie aujourd'hui, je ne suis pas sûr d'avoir les bons livres, il faut s'y connaître un minimun... Même si ce n'est pas non plus un métier très dur (rires).

Une anecdote sur les lieux, un moment un peu spécial?

Non, je vais vous décevoir. Il n'y a rien de palpitant non. Il n'y a pas de vomi de rockstars, non vraiment rien.

Même pas de showcase qui a dérapé? 

 Non pas de showcase qui a dérapé. Je suis entouré de gens très gentils (rires).
Ah si, je me suis fait cambrioler une fois, dans l'autre magasin, la nuit.

Ils ont pris des CD??

Non, ils ont pris la caisse!!

Dommage! On aurait été capables nous..

Non mais vous n'êtes pas des voleuses! Je pense que quelqu'un qui fracasse la porte la nuit , ce n'est pas pour prendre quelques CD et galérer à les revendre pour se faire 100€. Ils ont pris l'ordinateur, des choses un peu plus revendables. 
Sinon, je n'ai pas d'anecdotes croustillantes, désolé.

Quelle place est accordée aux vinyles? Est-elle aussi importante que celle des CD?

Il y a de plus en plus de place pour les vinyles! On essaie de faire les deux. On en vend moitié moitié, à peu près 50/50 avec le CD. Au début, on vendait quand même plus de CD que de vinyles. Avec le temps, ça s'est équilibré un petit peu.

Les gens s'intéressent plus aux vinyles maintenant qu'à vos débuts?

Oui, le CD a un petit peu baissé dans les ventes, le vinyle a augmenté. Ça ne s'est pas fait d'un coup. Mais c'est vrai qu'il y a peut-être quelques personnes en plus qui se sont mises à acheter des vinyles et qui achètent moins les CD. La plupart des vinyles que j'ai sont des nouveautés, je ne fais pas d'occasion, donc on les trouve aussi en CD. C'est vraiment un choix de support, j'ai les deux. Le dernier je sais pas quoi, par exemple, je l'ai en CD et en vinyle. 

Quel serait le profil type d'une personne qui vient régulièrement au Ground Zero??

32 ans, homme blanc! (rires). Non je rigole, qui a la trentaine, plutôt masculine.

Bon les filles venez au Ground Zero!!

Ouais voilà, venez je ne suis pas méchant. Non, je ne dis pas qu'il n'y a pas de filles. Bien sûr qu'il y a des filles qui achètent beaucoup de disques; mais si tu me demandes de faire une généralité, je dirai plus de garçons.
Les filles achètent plus dans les magasins de chaussures à mon avis. Non, ça, vous enlèverez.(rires)
Non mais sérieusement, le vrai souci c'est qu'il n'y a pas beaucoup de jeunes. Et que toutes les nouvelles générations, en dessous de 25ans, ont grandi avec internet et n'ont même pas le réflexe d'aller chez un disquaire pour acheter un disque. Parce qu'à l'époque où ils sont nés, il n'y avait déjà plus de disquaire, il ne restait que des FNAC. En plus, on peut tout télécharger sur internet, ou commander directement chez le label des groupes etc. Donc, le disquaire perd de son importance.
C'est pour ça que les gens qui viennent ont plus de 30 ans. A l'époque, ils n'avaient pas internet à la maison. C'était logique, comme pour avoir du pain, il fallait aller chez le boulanger. 
C'est une logique qui s'est complètement perdue dans les nouvelles générations. Maintenant, si on veut de la musique, on essaye plutôt de télécharger et si on aime vraiment le disque, pourquoi pas mettre 15€.  Donc, c'est plus inquiétant pour le CD.
C'est aussi pour ça que le vinyle est en train de revenir. Le CD c'est embêtant de l'acheter parce que l'objet n'est pas terrible alors mieux vaut le télécharger gratuitement. Alors que le vinyle, c'est quand même plus esthétique, ça a vraiment une âme, c'est un bel objet qu'on a plaisir à offrir par exemple. C'est comme un livre, ça ne se lit pas encore sur internet heureusement. Enfin ça commence, mais ce ne sera jamais pareil que le papier.

La clientèle que vous recevez ici est donc complètement une clientèle de passionnés

Ah oui, vraiment. Complètement.

Avez vous remarqué un changement dans les moeurs des gens qui viennent ici, changement de style musicaux...?

Sur ce genre de question je ne peux que prendre le cas du Ground Zero, parce que je ne suis pas vraiment disquaire généraliste, plutôt spécialisé. Du coup, les gens qui viennent ici savent ce qu'ils vont trouver. Pour que la clientèle change, il faudrait que le disquaire change, concrètement. Si les gens changent de types de consommation, ils changeront de disquaire, tout simplement.

Être disquaire en 2008, ça représente quoi pour toi?

C'est comme vendre un glaçon chez les Inuits. Non, je rigole. C'est un métier qui est voué à mourir, donc si on est dans les quelques survivants... 

Tu penses faire ça encore longtemps?

Moi,  j'aimerai bien faire ça encore longtemps, oui! Après, il faut bien manger. En tout cas tant que je pourrai le faire je le ferai. Mais ça devient un métier rare.
Je pense que tant qu'il restera des objets, il restera des disquaires.
Ou alors, si on parle de science fiction, peut-être que dans 100 ans, il n'y aura même plus de magasins, peut-être que tout le monde fera ses courses sur internet, il n'y aura plus de Auchan ni de Carrefour, peut-être que plus personne ne se déplacera et que tout se fera sur des plate-formes à la maison. Il n'y aura plus que des coursiers  et des transporteurs (rires). En tout cas aujourd'hui ce n'est pas le cas, on en est loin.
On arrivera toujours à trouver des commerces de proximité. Et là, on y revient presque.  Même en province, les gens se battent pour garder leur petites boutiques, consommables, nourriture, fringues. Je pense qu'il y a un retour à ça. Mais sinon pour le disque, disons que ce n'est pas ça qui me fait vivre.

En parlant d'internet, tout le monde parle de la mort programmée du CD et on voit que vous avez un site internet relativement détaillé. Alors, internet c'est plus une menace, une nécessité ou bon point?

Pour Ground Zero, c'est plus une vitrine. Les gens vont sur le net pour voir ce qu'on a et viennent ensuite.
Financièrement, ça ne représente pas grand chose parce qu'il y a de gros vendeurs en ligne à côté comme Amazon ou même les labels; mais ça nous fait une belle vitrine et on a beaucoup de visiteurs sur le site. C'est assez important, parce qu'il arrive qu'on m'appelle pour me réserver des disques vus sur le site.
Donc ça sert vraiment de vitrine mais financièrement, ça ne représente pas grand chose.

Comment gères-tu à la fois ton groupe, les Hushpuppies, puisque tu es batteur, et le Ground Zero?

C'est super dur. En fait j'ai monté le magasin il y a 4 ans et demi, parce que je bossais à droite à gauche; et à l'époque je me suis vraiment battu, j'ai bossé jour et nuit pour que ça se monte et juste au moment où le magasin s'est mis à fonctionner un petit peu, le groupe s'est mis à marcher. 
Donc, c'était un gros dilemme, j'ai même failli lâcher le groupe à un moment.
Et puis non, ça a vraiment bien marché. Et aujourd'hui ça s'est inversé, les Hushpuppies, c'est mon vrai métier, celui qui me fait vivre et le magasin je le continue parce que j'ai pas envie d'arrêter et parce que c'est comme un bébé quoi (rires). Je ne vais pas l'abandonner. 
Mais en fait j'ai dû embaucher quelqu'un à ma place pendant les tournées.

Sur le site, on peut trouver les albums de l'année. Sans grande surprise, MGMT, Vampire Weekend ... Et pour toi ce serait quoi la véritable révélation 2008?

Le top que vous avez vu, on l'a fait ensemble avec Julie(2), on a fait un top 24, un truc bizarre, parce que graphiquement ça tombait bien!  Mais ça correspond généralement aux disques que j'ai vraiment aimé. Il y a deux trois disques qui ne sont pas à mon goût, mais plus de celui de Julie donc on a fait un compromis à deux.
Mais MGMT moi je trouve ça pas mal, oui, c'est certainement la révélation de l'année. Après je n'irai pas jusqu'à dire meilleur disque, parce que c'est difficile de comparer un truc très pop comme ça avec un truc complètement folk par exemple. Mais ça reste une bonne surprise dans le sens où je ne connaissais pas l'année d'avant et j'ai bien aimé. Après ça n'a pas non plus été  une révélation genre "wahh quel disque incroyable." 

Et il n'y en a pas eu cette année? 

Non. Je n'ai pas eu de révélation. Mais ça fait longtemps que je n'en ai pas eu et ça m'arrive de moins en moins d'ailleurs.

Même pour les live?

Si, un groupe qui s'appelle Deerhoof, le batteur est vraiment fort. Mais cette année, je n'ai pas vu beaucoup de concerts parce qu'on était en tournée, donc je crois que c'était l'année dernière. Mais Deerhoof était particulièrement bien, je crois que c'est dû à la qualité du batteur (rires).

Une valeur sure pour 2009? Un groupe qui explosera ?

Non, je crois que en musique il y a un truc sûr, c'est qu'il n'y a pas de valeur sure, je pense pas qu'on puisse être sur qu'un groupe fera un album décevant, moins bien que le précédent, ou qu'il se renouvellera. Donc, définitivement non, c'est impossible d'avoir une valeur sure. 
On espère qu'il y aura des surprises surtout! En tant que disquaire, ce qui est intéressant c'est de découvrir des nouveaux trucs. Après bon, le dernier album de Radiohead est super bien mais on s'en fout un peu. Je préfère encore découvrir de nouveaux groupes plutôt que d'attendre le 5ème album d'un groupe qui n'a plus rien à prouver.

Des projets pour le Ground Zero, à l'avenir?

Plein! Des milliards! Mais je n'ai pas le temps. Premier projet déjà c'est résister et ne pas fermer. Sacré projet!  Et même si possible s'agrandir. J'aimerai bien trouver un lieu plus grand; vendre plus de trucs, avoir plus de bouquins, un lieu où on pourra prendre des cafés. Ce serait vraiment bien d'avoir la place pour faire des showcase, que ce soit plus un lieu de vie qu'un simple disquaire. 

Les trois albums ou groupes qui t'ont vraiment marqué dans ta vie?

Oullah! Il y en a plein! La question horrible!
Le disque blanc des Beatles, The Velvet Underground and Nico, produit par Andy Warhol.
Ca fait déjà deux! C'est trop difficile de choisir. Mais je vais essayer de sortir un truc pas 60s pour le troisième.
Here Come The Warm Jets de Brian Eno, sorti en 72, son premier album. 

Tes impressions sur la scène musicale actuelle en France?

Plutôt pas mal! Bien sur on est encore loin de tout ce qui se fait en Angleterre ou aux États-Unis malheureusement, ou même en Suède ou en Allemagne! Mais ça progresse plutôt bien. Ce qui est intéressant, c'est que les médias se sont intéressés à des groupes auxquels ils ne prêtaient pas attention avant, comme nous par exemple. 
Je pense qu'il y a toujours eu des bons groupes en France, mais jamais reconnus. Aujourd'hui, on commence à y croire. Et il y a quelques groupes qui peuvent pratiquement faire forces égales avec les américains ou les anglais même si on est encore loin. Je parle niveau rock surtout, de ce que je connais. Parce que niveau électro par exemple, on n'a rien à envier à personne. En chanson française non plus évidemment!
Mais on a encore beaucoup de progrès à faire. Tout est d'inspiration anglo saxonne, on n'a pas ce genre de culture en France. Mais c'est en train de changer, même si ce sera encore très long. 


Un message particulier à faire passer aux gens qui vont lire cette interview? 

Je ne vais pas dire acheter des disques ça m'embête. Euh, achetez des disques! (rires). 
En fait, moi quand j'étais étudiant, j'achetais un disque de temps en temps et je gravais à mort, parce que je n'avais pas de sous. Donc, c'est vrai que le téléchargement, c'est super important pour sa culture musicale. On ne peut pas tout acheter, certes. Le téléchargement c'est pratique, mais il ne faut pas aller jusqu'à ne plus acheter du tout. Il y en a qui se disent que de toutes façons, les maisons disques se mettent tout dans les poches. Mais il ne faut pas oublier que ce sont elles qui produisent les disques. Et s'il n'y a plus de producteurs, il n'y aura tout simplement plus de disques, donc à force, le disque va vraiment disparaître! Il n'y aura plus que des disques faits dans sa cuisine, avec les moyens du bord.
L'idée en final, c'est qu'il faut quand même cette rentrée d'argent, parce que ça coute cher de faire un disque. Donc, oui, il faut continuer à acheter des disques!


Pour finir, un conseil pour des blogueuses en herbe?

Restez indépendantes! C'est surtout ça le principe du blog. Tu peux dire ce que tu veux, quand tu veux, sans devoir rien à personne. Et ça c'est super! Parce que même le presse est coincée par les sous.
Les groupes en couverture de R&F ou des Inrocks par exemple, c'est grâce aux maisons de disques qui ont acheté plein de pubs derrière, même si le magazine aime bien le disque au départ.
Tout est tenu par les sous. Comme le monde entier!!! 
Et ce n'est pas mal que vous parliez du Ground Zero par exemple, ou même de groupes moins connus que vous aimez bien pour essayer de les faire connaître. Parce que c'est facile d'aller interviewer Franz Ferdinand (qui sort un album en janvier), mais ça ne fera pas avancer le schmilblik puisque tout le monde parlera d'eux!
Alors qu'il y a des groupes que vous pouvez écouter n'importe où et vous dire qu'ils sont vraiment super. Et c'est d'eux qu'il faut parler! 
Et c'est peut être pour ça que c'est plus facile qu'il y a dix ans la musique. Avec MySpace, on peut vite se faire des amis et des contacts. Avant non, fallait aller voir les gens et dire "s'il vous plaît monsieur venez m'écouter". C'était hyper dur de se faire connaître. Mais maintenant c'est vrai que c'est plus simple. En résumé, profitez de votre indépendance!





1:  23 rue St Marthe, Paris 10ème
2: Julie travaille aussi au Ground Zero.




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Published by The Clandestines - dans Interviews clandestines
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