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[We Are]

Groupuscule formé lors d'une séance de culture obligatoire, les Clandestines répondent aux noms d'Alison et Rebecca. 
Actuellement basé quelque part en Ile-de-France, le duo trouve son union dans l'amour de toute sorte de musiques peu claires.
Les contours des objectifs et des motivations sont difficiles à tracer mais se préciseront au fil du temps.e.

L'appellation a priori enfantine The Clandestines, devrait être justifiée dans les jours suivants.
Dance Tomorrow, Revolution Tonight traite de l'actualité pop, electro, folk, rock indépendant principalement. 
Un blog plus ou moins critique, plus positif que médisant, rarement injuste mais souvent subjectif. A lire et à écouter.

                                     

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Dimanche 16 octobre 2011 7 16 /10 /Oct /2011 14:32

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Ça y est, je remets petit à petit les pieds dans l'url. J'arrête de laisser tout le travail à la partie studieuse du binôme pendant que je check mes mails dans le fond de la salle. Parce que oui, je l'avoue, ça fait un bout de temps que je n'en glande pas une. Pas que je n'aime plus faire des articles; question de flemme majoritairement. Pourtant, en ce moment, j'ai découvert des tas de petits groupes plutôt cool dont je voulais parler. 

Le problème: aucun n'est assez consistant pour faire l'objet d'un article bien détaillé avec biographie express, discographie précise et avenir supposé... Ou c'est sûrement moi qui ne sais plus comment argumenter les choses. 

J'ai découvert Vondelpark il y a quelques mois, j'ai écouté "California Analog Dream" et je me suis dis que c'était le titre parfait de la rentrée, le morceau posé et atmosphérique que j'attendais de trouver depuis longtemps. Et puis je me suis précipitée sur le reste des compositions, et je suis passée légèrement au dessus. C'est pourtant simple et aéré, mais pas au niveau de mon coup de coeur premier. Déception donc. Mauvais sujet d'article. 

Sur La Frange, j'ai chopé "I Love you Like a Madman" de The Wave Pictures. Amour.C'est en amphi de physique que j'allume mon iPod pour découvrir la bande son officielle de tous mes trajets. Et je reste médusée les trois minutes de la chanson. De l'amour mélodique et enroué je te dis. Je me rue sur l'Internet avec l'espoir que le dernier album me fasse le même effet. Bear in the Breakers n'est pas aussi bon que Instant Coffe Baby. On passe encore. 

Youtube, il y a moins d'un mois de cela. Je traîne sur la chaîne de la Blogothèque et tombe sur le concert à emporter de Hanni El Khatib: américain d'origine mi-argentine mi-palestinienne; qui a la casquette sur le crâne, le coeur a l'extérieur et entretient une esthétique légèrement maculée. Rien de bien original en gros. Sa musique a l'air assez prenante et intéressante, dans l'idée en tout cas. Avec la même réjouissance naïve apparemment indestructible, je me passe le reste de ses enregistrements. Agréable mais irrégulier, trop inconsciemment foutraque. Il reste cependant bon à suivre a distance. 

jacuzzi boys glazinEt puis dernièrement, je tombe sur Jacuzzi Boys au gré de mes recherches de plus en plus oisives. J'en avais vaguement entendu parler quand ils avaient sorti No Seasons en 2009. Je me décide à écouter Glazin', délivré cette année. L'estomac retourné, le coeur hyper actif et le sourire aux lèvres. L'impression de tenir enfin quelque chose de sérieux.

Jacuzzi Boys, c'est un groupe floridien on ne peut plus hétérogène. Leur premier EP, passé plus ou moins inaperçu (corrige moi si je me trompe) est sorti en 2008. Mais en fait, il est inutile d'aller chercher plus loin que 2011 pour découvrir le meilleur du groupe. Glazin' est beaucoup plus abouti, net et tordu que leurs précédents opus. Bon allez je me lance; cet album est parfait dans le genre. Certes, j'ai un peu la perfection facile en ce moment (bonjour la crédibilité), mais il faut me croire pour le coup. Si t'aimes The Soft Pack ou Harlem (et bien sûr, you do), tu aimeras les Jacuzzi Boys, même si ils ont un nom de film porno amateur. 

 

Pour écouter:


"California Alanog Dream" - Vondelpark

"I love you Like a Madman" - The Wave Pictures 

"Loved one" - Hanni El Khatib

"Cool Vapors" - Jacuzzi Boys

"Glazin'" - Jacuzzi Boys

Par Alison R. - Publié dans : Sélections - Communauté : webzine musical
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Samedi 9 juillet 2011 6 09 /07 /Juil /2011 14:57

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                                Aucun lien avec Gainsbourg, mais le jeu de mots était trop facile. Remix, production, album solo rien ne semble pouvoir arrêter Bertrand Burgalat. On retrouve l’homme aux mille et une casquettes sur la BO du poignant « My little Princess », une occasion idéale pour savoir ce qui se trame la tête de ce monstre musical.

 


C'est la première fois que vous vous attaquez à une BO entière. Comment avez vous travaillé?

 C'est vrai que c'est la première fois depuis quinze ans que j'ai pu faire ça. J'ai proposé des idées à Eva en lisant le scénario puis pendant le tournage mais j'ai composé l'essentiel des musiques au moment du montage. Eva m'a vraiment bien dirigé dans la mesure où elle sait exprimer ce qu'elle attend de façon à la fois précise et suffisamment abstraite pour que je puisse chercher librement. On a tendance actuellement à systématiser le recours à des morceaux préexistants, à des vieux tubes ou à poser sur le montage des musiques de référence à décalquer, comme ça se fait dans la pub; j'étais content qu'on puisse éviter ça.


Quel regard portez vous sur la relation entre la mère et la fille dans le film?
J'ai l'impression que quand on est un homme on ne se rend pas toujours bien compte, lorsqu'on regarde le film, de ce qui est en jeu. Eva a eu énormément de tact et de subtilité pour évoquer quelque chose qui relève de l'inceste. En général quand on s'inspire de ce qu'on a vécu on a tendance à en rajouter pour que cela soit plus intéressant pour le spectateur, ici elle a fait l'inverse, c'est beaucoup moins grave que ce qu'elle a elle-même vécu et du coup c'est plus universel, on n'est pas du tout dans l'autofiction, le biopic  et le règlement de comptes. Isabelle Huppert  a souhaité en savoir le moins possible sur Irina Ionesco, la mère d'Eva. Ce n'est pas très original de dire ça mais c'est une très grande actrice. Quand on fait la musique au ras des images on voit, au gré du montage, les différentes prises d'une même scène, c'est assez époustouflant de voir cette voiture de course en action.

Votre discographie est assez impressionnante, avez vous un secret de longévité ?
Je ne sais pas si ça aide mais j'essaye de faire la musique que j'aimerais entendre, de ne pas trop calculer commercialement (tant qu'à vendre peu, ce qui est le cas de la plupart des disques, autant faire les choses qu'on aime). Et je n'ai jamais fait la musique du moment.

Quelle a été votre meilleure collaboration?
Franchement je ne sais pas. Il y a des disques dont je suis fier qui ont été conçus avec beaucoup de difficulté. Je me suis souvent disputé en studio à certaines époques, peut être parce que je n'ai jamais été assez bien payé pour m'en foutre. En même temps quand c'est le disque de quelqu'un d'autre je n'essaye pas de faire mon propre album ou d'imprimer une espèce de marque. 

Si vous deviez résumer en une phrase le film ( pour quelqu'un qui ne l'a jamais vu.
On y rit on ira. Feelgood movie. Un film sympa qui se laisse voir. Non en fait je ne sais pas trop, avec toutes les projections de travail j'ai dû le voir 40 fois dans sa continuité et à chaque fois je découvre des choses et une autre façon de l'appréhender.

Un groupe que vous aimeriez produire maintenant?  
Toro y moi, ou des gens comme Empire of the sun, mais le son et la production sont superbes alors  j'aurais peur de les gâcher.

Par The Clandestines - Publié dans : Portraits Clandestins - Communauté : webzine musical
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Samedi 4 juin 2011 6 04 /06 /Juin /2011 15:00

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Quelque part dans un Paris encore ensoleillé, on a rencontré la voix de Karaocake histoire de comprendre un peu mieux son univers.

 

Qu’est ce qui t’as donné envie de faire de la musique ?

J’ai commencé à jouer toute seule chez moi. Je voulais en faire depuis longtemps mais je n’étais pas vraiment musicienne et assez timide. Un ami m’a aidé à enregistrer le premier morceau mais c’était plus un besoin, le besoin  de se retrouver avec soi-même,  dans ma chambre,  de trouver des mélodies. Après j’ai fait des tournées, j’ai rencontré des gens et on a fini par faire un disque à trois. Rien n’a changé. L’idée c’était d’avoir envie de raconter des histoires et j’avais toujours eu envie de chanter.

 

Justement comment es-tu passée du solo au groupe ?  

J’ai commencé toute seule en 2006 et deux ans après j’ai fait ma première tournée avec François Virot et un amis canadien de Ok Vancouver Ok avec qui j’ai tourné 3 fois. En rentrant du Canada j’ai joué à la release party de François Virot. A cette soirée Julien (de Clapping Music) m’a dit que je devais vraiment essayer de travailler avec Stéphane (Domotic) un très bon ami à moi avec qui j’avais vraiment envie de travailler mais il n’avait pas le temps. Il avait un peu besoin que je fasse mes preuve. Le concert lui a plu alors on a commencé à travailler en janvier 2009 puis Tom s’est greffé au projet. On a fini l’enregistrement l’été dernier et ça s’est super bien passé. Je veur par là dire que ça fonctionnait très bien à trois et j’avais pas envier de porter ces morceaux toute seule. Il y avait une certaine cynergie. 

 

Karaocake, un nom un hybride, un peu comme comme ta musique, c’est de là que ça vient ?

J’ai un père fan de jeux de mots, j’ai donc grandi avec. La vérité c'est que ça vient de Carrot Cake parce que c’est le seul gâteau que je savais faire et un jour j‘en ai apporté au festival "Sous la Plage" à Paris où jouait Domotic. On ne se connaissait pas à l’époque, c'est un festival un peu dans l’esprit de la Vilette Sonique, dans un parc avec une ambiance pique-nique. J’avais fait un Carrot Cake et je lui ai demandé s’il ne voulait pas faire de la musique avec moi car je n’avais pas envie d’etre toujours sur le devant de la scène et il a accepté.  Le nom Karaocake n’a donc absolument rien à voir avec le Karaoke. J’aime bien ce nom mais je comprends que l’on puisse le détester mais au moins ce n’est pas un mot qui existe comme les Doors...

 

P1030814Ton album est très intimiste, très sincère parfois légèrement naif, et tourne beaucoup autour de l’univers de l’enfance. Es ce que c’est quelque chose de volontaire ?

Très intime, oui, parce que je les compose dans ma chambre, seule. On ne peut pas faire plus intime. C’est très frontal au niveau des paroles mais très minimal. Naïf aussi parfois parce que c’est le côté « les première mélodies que l’on fait ». Je cherche en quelque sorte l’honêteté et l’intégrité. Dire de manière assez franche et directe ce que l’on peut ressentir plutôt que de faire des histoires un peu compliquées à message. Après « It won’t take a whole week » par exemple est très désabusée, ce sont forcément des choses qui me sont arrivées. « Eeeeeriee» est peut-être plus naïve dans le sens où c’est effectivement un morceau inspiré par l’idée de l’enfance. Pour moi c’est une période très importante. J’ai encore du mal à m’en détacher. C’est pour moi le moment le plus confortable et le plus agréable. Et j’aime bien l’univers de l’enfance, la littérature et les dessins. C’est lié au confort de la chambre, une espèce de cocon dont on  a du mal à s’extirper.

 

Que penses-tu des comparaisons avec Broadcast ou Au Revoir Simone ?

Tom, Stéphane et moi sommes ultra fan de Broadcast. C’est hyper flateur. Il se trouve que Trish (chanteuse de Broasdcast) a écouté l’album et elle nous a envoyé un mail pour nous dire qu’elle avait bien aimé. On était très contents. La comparaison avec Au Revoir Simone est bizarre parce qu’on connaissait hyper mal. Stéphane n’avait jamais entendu une seule note du groupe, Tom non plus et moi je connaissais les tous premiers trucs comme « Stay Golden ». Ce n’est absolument pas volontaire. Si on écoute mes demos avant d’avoir travaillé avec Stéphane et Tom je pense qu’il n’y a aucun lien avec Au Revoir Simone si ce n’est qu’il y a une voix avec des synthés. Une coïncidence un peu lourde à porter car c’est systématique. Je dirais qu’il y a une douceur et un délicatesse chez Au Revoir Simone qui leur va très bien mais qu’il n’y a pas forcement dans Karaocake qui est plus sombre et plus brut.On a fait leur première partie. C'était une bonne expérience.

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Quelle est ta pire expérience lors d’un concert ?

Au Pays Bas, lors de ma première tournée, je n’avais aucune connaissance technique et le casio que j'avais était un cadeau. C'était dans un squatt punk au Outresh, les gens étaient très gentils. Des punks assez costauds, je pensais que ma musique n'allait pas passer. A l’époque j’étais toute seul et pendant le concert je sais pas ce que j’ai fait mais mon synthé avait déjà un peu de mal et à un moment il s’est tout simplement arrêté, je pensais qu’il était mort. J’étais presque au bord des larmes et j’ai fini sur un petit Yamaha sur lequel je ne pouvais pas jouer toutes les notes. J’étais vraiment mal alors qu’en fait j’avais juste baissé tous les niveaux sans m’en rendre compte et j’avais oublié de changer les piles. Il y a aussi eu quelques concerts un peu loose à Berlin où il n’y avait personne, quelques un mal organisé aus Etats Unis, c’était chiant mais rien d’autre. Je pense qu’il y en a d’autres à venir mais ça va.

 

Qu’est-ce que tu aurais envie de changer dans ton album ?

Pas grand-chose. Je voudrais chanter encore mieux, chanter encore plus juste. Je pense que le prochain sera moins pop, plus crade avec plus de bidouillage en essayant de faire abstraction d’Au Revoir Simone. Je changerais juste le tracklisting parce que l’ordre des chansons c’est ce qui était vraiment le plus difficile à faire.

 

Le webzine s’appelle Clandestines, si tu avais la chance d’être dans la peau d’un personnage pendant 24h, qui choisirais-tu ?

George Orwell. J’aime tous ses livres et il a été très impliqué politiquement et était assez extreme. Il a par exemple vraiment vécu dans la rue quand il a écrit « In and out in Paris and London ». C’est quelqu’un de visionnaire dans son écriture.

Par The Clandestines - Publié dans : Interviews clandestines
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Jeudi 31 mars 2011 4 31 /03 /Mars /2011 14:10

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 2007, Vous trainiez tranquillement sur internet  en gardant un œil sur votre page Myspace soigneusement personnalisée à coups d’heures passées sur des sites obscurs à glaner quelques codes HTML. Vous viviez au rythme raisonnable d’une découverte musicale par jour au prix d’heures de recherches infructueuses pour ensuite vous venter auprès de votre Top Friend d’avoir été le premier à commenter la page du groupe que le NME allait adouber la semaine prochaine et pourquoi pas au passage vous faire inviter à leur première date parisienne. Et un jour au milieu de ce désormais désert du monde 2.0  vous êtes tombé sur cette vidéo.

 

 

Le quatuor anglo-argentin sort du lot au milieu des groupes post Libertines essayant de rattraper le train en marche. Leur premier single "Keep loving me" impose un son et une esthétique qui nous ramène de plein pied dans les 60s.

Ils amènent au Shakers ce côté garage et résolument moderne. Une image qui reste néanmoins faussement nostalgique et qui leur collera parfois un peu trop à la peau. Cette entrée en piste, bien que sans faute, sera des plus discrètes dans l'hexagone. Quelques lignes à peine pour annoncer la sortie de leur premier album "Up in My Head" dans la rubrique télégramme de Rock and Folk et des chroniques ailleurs les classant comme groupe à suivre. L'engouement ne semble pas dépasser le pallier des critiques pour embrasser outre-manche un succès plus retentissant. Assez surprenant quand on sait que certains de leurs compagnons (que l’on porte moins dans nos cœurs) chez 1965 Records ont décollés. Peut-être une question de temps, pas là au bon moment, noyé au milieu de cette masse de groupes également foncièrement décidés à prendre la relève. Le temps passe, les dates de concert s'enchainent avec plusieurs arrêts dans la capitale qui servira même de décors pour le clip de "Un dia mas". Puis les nouvelles se font plus rares, remplacé dans la rubrique découverte par d'autres toujours plus innovants mais dont le nom finit également par sonner comme un lointain souvenir. Il faut désormais aller du côté de la version anglaise de My Major Company . Le combo anglo-argentin espère rassembler les fonds nécessaires pour enregistrer leur deuxième album. Un avenir donc entre parenthèses, en espérant que les producteur d’un soir outre-manche auront plus de flair que leurs homologues français.

Par Rebecca H. - Publié dans : What happen to...? - Communauté : webzine musical
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Mardi 29 mars 2011 2 29 /03 /Mars /2011 15:42

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On s'était accordées à limiter nos espoirs quant au quatrième album des Strokes. On s'était promis de ne pas être plus déçues que ça si il s'averrait que Nick et les autres se noyaient ou se complaisaient, d'une façon ou d'une autre, au fond du gouffre. Seulement voilà, quand il s'agit du groupe qui a basiquement remis le rock au goût du jour au début du siècle, notre esprit devient difficile à conditionner. Nos paroles trahissaient continuellement nos réelles attentes et rien ne laissait présager une telle déception à l'arrivée. 

Après avoir trahi, chacune de notre côté, le pacte consistant à n'écouter l'album qu'ensemble le lendemain de sa sortie, nous nous sommes lancées dans un échange circonspect d'opinion, une tentative de professionnalisme dans l'articulation. La conclusion, toute bête en somme et bien plus difficile à écrire qu'il n'y paraît est que Angles est mauvais. Il pue sa mère comme on dit du côté de chez nous. 

En dépit du fait que ça me fende presque littéralement le coeur de faire un papier négatif sur le groupe qui a su guérir toutes mes humeurs, je ne peux m'empêcher de gratter avec une désillusion amère au bout des doigts. Aux premières notes de "Machu Picchu", plus d'aspiration, les jeux sont faits. C'est donc ça le changement que les Strokes ont engagé? Une visite à rallonge du côté d'une pop eighties gluante. Les effets soniques sur des titres comme "Two Kinds of Happiness" ou "Games" sont pour le moins suprenants. La bande a complètement changé de bord, plus grand chose ne les rattache au rock dépouillé de Is This It. La voix traînante de Julian Casablancas qui avait déjà lassé dans First Impression of Earth rend ici les chansons presque inaudibles. Les mélodies de "You're so Right" ou "Call me Back" ne sont malheureusement pas assez solides pour les faire valoir sur la durée. Le reste de l'album reste plus ou moins sympathique, rappelant tantôt le premier MGMT dans un son électronique surproduit, et tantôt la fraicheur des Beach Boys ("Grastification").

En définitive, deux chansons me semblent bonnes à sauver. D'abord "Under Cover of Darkness", qui est de loin la meilleure de l'album. Chanson au charme maléfique cependant, puisqu'elle avait fondé mes espoirs quant à la bonne continuation des choses au mois de février. Mauvais extrait choisi semble-t-il, elle sonne comme une bonne erreur rock dans un concentré de mélodies outrageusement surfaites. La seconde est "Life is Simple in the Moonlight", qui clôture joliement l'album et nous permet de ne pas le détester tout à fait.

Et même le point fort constant du groupe, qui a su nous faire aimer les albums les uns après les autres malgré une qualité sonore tangible; à savoir les paroles, est ici tout juste passable. Il semble bien que Julian Casablancas ait troqué sans plus de mal des pépites efficaces comme "I just want to misebehave/ I just want to be your slave" contre un petit "I look for you and you look for me" (sérieux, Julian?).

Cinq ans de pause chez les Strokes, cinq ans d'attente. On les a patiemment suivi, toujours au courant de leurs faits et gestes... Mariages, enfants, carrières solo, pseudo sobriété nouvelle. On n'a pas bronché, on a ravalé la haine créée par leur petit foutage de gueule. On a su se faire petits quand il le fallait, pardonner de nombreux dérapages. A l'approche de la sortie de l'album, on actualisait nos pages d'informations un peu trop souvent, les yeux écarquillés et le coeur qui triple son rythme cardiaque inconsciemment. Ma déception est trop forte au fond, j'ai du mal à me résoudre à la fin officieuse des Strokes.  

En évidence dans ma collection de disques trônera toujours Is This It, comme un des tous meilleurs albums de la décennie. Et plus au fond, les autres albums des Strokes, avec Angles en extrémité. Je l'écouterai éventuellement, en guise de bon guilty pleasure; plus tard, en souvenir de l'apogée de leur déchéance.

Mes chers petits dieux momentanés, je vous aime.  

Par Alison R. - Publié dans : Chroniques de disques - Communauté : webzine musical
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Dimanche 26 décembre 2010 7 26 /12 /Déc /2010 23:26

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23h 30 et nous voilà clandestinement assises, toutes les deux sur les tables d'un bar un peu miteux. Le sourire aux lèvres, béatitude affichée et rien qui puisse nous perturber.

Une bouteille de blanc à moitié entammée sur la table, nos effets personnels en vrac mais plus rien n'a d'importance. On se regarde et on sourit, carrément capables d'exploser de rire ou de pleurer d'émotion, parce que la vie est belle. La vie? Elle touche à sa fin par la même occasion, plus de but aucun.

Le serveur nous dit ironiquement qu'on a l'air de n'avoir besoin de rien. "Si, si, deux cafés et un bouchon de liège s'il vous plaît". Plutôt sympa le bonhomme, il partage notre bonheur, non sans questionnement, avec ambiguité. 

On fait quoi maintenant? Rien... on phase.

Il fait froid sur les tables extérieures un peu mouillées par la pluie incessante mais who cares? La vie est belle. 

Un demi bouchon émiétté flotte dans le vin et ça reste le meilleur qu'on ait gouté et nouvelle boisson officielle des Clandestines. On s'en informe et on plonge dans un flash back un peu scénarisé: 

Le concert touche à sa fin, Matt Berninger tend la bouteille dans le public. Eh les gens, même pas en rêve vous la touchez celle là, elle est pour nous. Le bras long et puissant de Rebecca s'étend 15m au dessus de la barrière et définitivement, cette bouteille est notre. Qu'est ce qu'il y a meuf? T'as la haine? Ouais, normal.

Le téléphone sonne pour nous ramener sur terre, l'effet d'une petite douche froide. On attend que des gens déboulent nous cueillir. Ils seront en retard mais on patiente, sans mal. Parce que le mal n'existe plus. Ca, on l'a su quand Matt a pris équilibre sur les barrières pour nous chanter "Terrible Love" en rappel. Comprends que le temps s'envole quand il te regarde intensément dans les yeux (à peine 3sec hein, faut pas déconner) et qu'il te prend la main..."ilt's terrible love and I'm walking with spiders"... La vie est belle, mec. 

Le plus gros, c'est que tout le concert s'est écoulé comme un phasage intensif, indubitablement fort et tellement extraordinaire. On s'accrochait à nos premiers rangs comme on s'accroche à cette putain de bouteille à 20€.

C'est de l'amour à l'état brut. Il y a encore le son parfaitement fluide de "Slow Show" en suspend dans ma tête, avec le coeur qui s'emballe et le regard absent. L'esprit est totalement barré dans l'idéalisation, déjà. Dans la retrospective, le public est absent, les photographes aussi. Il y a nous et le groupe, sans barrière ni distance à la scène. Et le début du concert se retrace doucement. 

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M. Berninger apparaît sur scène: costume 3 pièces noir, verre à pied, bouteille de vin. Il fait ça bien le dude, il se fout pas de notre gueule. Il dit bonjour et on est déjà parties. 

Au moment où il ouvre sur "Runaway", Rebecca me confit à nouveau son envie d'être un micro, pas révélée depuis le concert du Jules au FIB. C'était beau.

On est à la limite de la douleur en n'en reparlant prises d'une nostalgie un peu trop bubble gum, comme pour un été trop court ou un petit amour. 

Tu sais que j'ai toujours les glandes de Berninger qui s'agitent en fond sonore, le cours de chimie paraît moins dur et un peu plus irréel. Et puis je ris toute seule aussi en repensant aux délires du groupe. Je les voyais plus introvertis et définitivement moins drôles. Mais, sur scène, on sent l'expérience, peut-être un peu trop d'ailleurs. Celle qui te met à l'amende en 2 secondes et qui te subjugue pour le reste de la vie, capable de prédire tes rires et n'importe laquelle de tes réactions. Et tu te sens un peu plus con à la fin. 

C'est le moment de s'en aller, de dire au revoir à la salle, au quartier et bientôt à la ville. On repasse devant l'Olympia désormais mort. Un vent froid souffle et nous glace les sangs quand on voit cette file d'attente vide et le périmètre un peu trop lacunaire. On se revoit en train d'attendre l'ouverture, agglutinées à la barrière. On monte dans la voiture et tout est définitivement fini, une putain de nostalgie dans le nez, les larmes aux yeux; parce qu'avec du recul, c'était encore plus beau.    

Par The Clandestines - Publié dans : We were there
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Samedi 13 novembre 2010 6 13 /11 /Nov /2010 14:02

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Ça fait un bout de temps que je rode l'article sans jamais daigner me poser devant mon écran et gratter du clavier.

Avec Tim Cohen, j'espère vraiment apporter du neuf dans les playlists, un petit sourire sur les visages pâles d'un automne trop froid et puis surtout un peu de tripe dans le fin fond de la cage thoracique. 

Leader des trop méconnus Fresh and Onlys, Tim Cohen balance discrètement de l'album solo. Calé dans une branche qui le démarque quelque peu de son superbe combo, le dude de San Francisco se défend comme un maître. En posant sa voix semi-grelottante sur des instrus tantôt langoureux et tantôt tranchés, il satisfait mieux que personne une rentrée radine et décidément décevante. 

Quand le temps manque et que les vacances s'envolent sans nous prévenir, on vire facilement monomaniaque; et avec Tim Cohen dans les oreilles, tout paraît moins dur et la lassitude se fait la malle. Tant mieux. 

Partagé entre folk attendrissant et rock légèrement plus sévère, il s'insère dans un entre deux qui lui va bien et nous ravi. 

Véritable coup de coeur de cette fin d'année malheureusement pauvre en écoutes, Tim Cohen constitue tout ce qu'on pouvait demander, voire plus. Et ça , tu vois, c'est plutôt cool.

Par Alison R. - Publié dans : Sélections - Communauté : webzine musical
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