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voxpop20
16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 21:25


Voilà un article qui pourrait rebuter les puritains. Un article au sujet d'un pavé sur le rock. Mué, bon... on n'a pas vraiment besoin qu'on nous apprenne l'histoire du rock, on la connaît globalement et on détaille ce qui nous intéresse. On préfère l'écouter hein! Se faire sa propre opinion de telle époque et ainsi à sa guise; aimer les 60s ou détester les années 80 par exemple. Et puis à quoi ça pourrait sérieusement servir de s'acheter un bouquin comme ça? Il n'y a pas d'enjeu, pas de concours. On n'a aucune raison d'être pressé de tout savoir sur le sujet.
Et pourtant, j'ai fini par me le prendre. Après en avoir apprécié la grosseur, appréhendé la qualité, je me suis dis qu'il rendrait plutôt bien sur une étagère.
L'Odyssée du Rock, puisque c'est son nom, est un beau livre! Les images y sont présentées en grand et sont souvent très originales et rares voire introuvables. Bon voilà, je viens de redire un peu ce qu'il y a sur la 4ème de couverture: Les Inrocks, à propos d'un livre écrit par Mazzoleni... comme ça, c'est fait.
Après les images, on regarde très globalement. Tout est trié par année. Ce sont 4 ou 5 pages pour une année, avec un groupe phare à chaque fois. Sympa comme concept, non? Ainsi, on a par exemple, les Beatles en 63, les Beatles en 67 ou encore les Beatles en 70. Le livre s'ouvre sur Presley en 54 et se referme sur Mika en 2007 ( oui, Mika vous avez bien lu). Il couvre ainsi de nombreuses décennies, détaillées à souhait.
J'aime ce livre malgré les nombreux défauts que je lui trouve. J'aime ce livre parce qu'on y trouve tout! Hormis l'histoire à proprement dit, il se cache à chaque page une anecdote, une information intéressante ou amusante qu'on ignorait. Et jamais l'auteur ne lâche le fil. Il connaît son thème sur le bout des doigts et en parle avec aisance et précision. Ce que, naturellement, on remarque et apprécie.
Il avait déjà était question de Mazzoleni dans un autre article. On avait déjà dit combien on l'appréciait. Et ce bouquin ne fait que confirmer ce qu'on pensait. Florent Mazzoleni est un auteur particulier, qui a le pouvoir de nous transmettre mine de rien tout ce qu'il pense. Et si on n'a pas un pied dedans, on pourrait même prendre pour argent comptant tout  ce qu'il raconte.
Mais bien sûr, non. On sait que le son des Kills n'a rien à voir avec celui des White Stripes. On sait que Oasis n'est pas un groupe fantastique et que l'année 62 aurait pu être marquée par quelqu'un d'autre qu'Eddy Mitchell. Mais une fois les points irritants passés, on peut apprécier pleinement cet ouvrage très soigné qui ne contient aucune fausse note - histoire de mal utiliser les mots-. Les groupes les plus marquants sont généralement présentés en détail (je vous ai parlé des Beatles non?), et les autres ont toujours leur place quelque part. En gros, n'importe qui peut y trouver, au détour d'une page, son groupe préféré. Et même si on lui en veut un peu de ne pas évoquer Captain Beefheart plus que ça, de ne pas s'étaler plus sur les Doors et de n'introduire Springsteen qu'en 84; on ne peut pas cracher sur la qualité du livre. Recenser plus de 50ans de musique, ce n'est pas de tout repos!

Difficile de dire exactement ce qu'il en est. Mon sentiment est un peu mitigé et assez paradoxal. Mais quand je dis que j'aime ce livre, c'est parce que c'est toujours un réel bonheur de l'ouvrir pour lire et relire certains passages; à propos d'un artiste, d'une époque, d'un genre, d'un album...
Et puis, la préface de Gilles Tordjman est simplement sublime puisqu'elle apparaît finalement comme une évidence. 
Ce livre reste donc un ouvrage de référence fortement recommandé à une jeunesse désireuse de s'informer et de replacer cette flopée de noms dans leurs contextes. Et puis, de toutes façons, c'est toujours mieux qu'un éventuel ouvrage
"Le Rock pour les Nuls".

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18 janvier 2009 7 18 /01 /janvier /2009 13:00
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La qualité d'un roman sur la musique se joue dés les premières pages. Si le début peine à accrocher, il ne faut pas aller chercher plus loin, c'est raté et on ne revient pas dessus.
C'est quelque peu sceptique que nous laisse cette couverture qui laisse penser à un roman d'anticipation sur la fin programmée du monde musical tel qu'on le connaît actuellement. Ce jeune homme affublé d'une fourrure dans cette brume sûrement après quelques heures de jeu hypnotique sur sa Stratocaster qu'il balance au public tel un dernier cri avant de rejoindre l'anonymat.
C'est faire fausse route de le juger à sa couverture, le résumé n'en dit pas plus. Entrons dans le vif sujet, ce livre est une merveille autant pour les vieux routiers du rock qui traînaient aux premiers rangs des groupes aujourd'hui passés dans la légende que pour l'éternel nostalgique qui sommeille en chaque véritable amateur de musique.
La (s)cène s'ouvre sur un Bowie en pleine recherche d'inspiration dans un studio jadis foulé par les plus grands mais où persiste l'impression qu'il reste quelques chose dépassant tous nos sens et conférant un aspect mystique aux lieux. Toutes ses heures passées à chercher le fameux accord qui fera la différence entre un bide et un "Twist and Shout". Les disputes, les réjouissances, les montées fulgurantes , les descentes abruptes, les crises, les larmes versées... tout cela pour seulement quatre murs.
Pierre Achard nous fait clairement comprendre que le rock and roll - car oui appelons les choses par leur nom - n'est pas qu'un style musical apparu par magie au début du XXe siècle mais avant tout des personnes qui ont pris des décisions minimes à leur échelle mais au bon moment. Des héros d'aujourd'hui, loin du Superman de Marvel, des gens qui osent être ce qu'ils sont réellement pour rendre compte de la puissance d'une six cordes dont le nom fait tressaillir, rêver, fantasmer les guitaristes du monde entier. L'histoire de la musique y est inscrite. Aux noms aussi aussi mythique que leur possesseurs et source de superstition.
Pierre Achard se glisse dans l'histoire de ces personnes dont le nom vrai ou d'emprunt font encore naître des étoiles dans les yeux des artistes les plus accomplis, sans jamais sembler ne pas être à sa place. Loin des rumeurs de couloirs, peut être plus proche de la réalité que l'évènement en lui même (les principaux acteurs et témoins ayant pour la plus part aujourd'hui disparus). C'est ainsi que l'on accompagne Janis, Jimi,  Feddy, Vincent, Marvin vers un destin que contrairement à ce que l'on pense penser aujourd'hui n'avait absolument rien d'évident. Les questions les plus insolubles sur leurs disparitions trouvent une ébauche d'éclaircissement. C'est l'histoire de toutes ces figures dont on ne sait ce qu'elles seraient devenues si le destin ne les avaient pas frappées. Peut être une chance de ne pas nous décevoir. La vérité est devant nos yeux, on ne joue un grand rôle qu'une fois et cette porte de sortie, loin d'être la meilleure, est peut être le chemin le plus court vers une reconnaissance éternelle. Il n'auront pas eu le temps de nous expliquer ou de nous ennuyer avec leurs explications. Tout est dans leur musique et chacun est libre d'en faire l'interprétation.
Il revient également sur ces figures dont on fredonne souvent les titres mais dont le nom nous échappe et pourtant ayant inspiré plus d'un. Les ascensions trop rapides après une vie 'too less too soon".  Il croise et démêle les voix, pensées, genres et personnalités qui ont trop souvent jouées à la roulette Russe pour finir par ne plus vérifier si le chargeur était effectivement vide.
Ce livre permet de comprendre que le destin est au bout de la rue, il suffit juste de trouver la bonne. Pour le titre, les dernier jours du rock and roll, pas sure qu'on y assiste avant longtemps. La fin du monde se fera dans un grésillement car ces étoiles qui brillent un instant illuminent nos vies en s'écrasant dans un bruit sourd et entêtant qui nous survivra.
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6 décembre 2008 6 06 /12 /décembre /2008 20:42



Nous sommes un des derniers pays à avoir vu apparaître, à l'affiche, Kurt Cobain About a son, le documentaire de AJ Schnack. Et pour ne rien enlever à ce manque d'intérêt; seulement quatre cinémas le proposent dont un seul et unique à Paris, de quoi laisser perplexe... Il s'agit peut être d'un documentaire à très peu d'intérêt, plébiscité par des critiques totalement coupées du monde ou juste une erreur de distribution comme malheureusement souvent.
Il serait néanmoins horriblement réducteur de minimaliser le travail du réalisateur qui a réussi à synthétiser en 97min les longues heures d'interviews de Michael Azerrad.



Rien à voir avec la vague des biopics mal agencés où on peine souvent à reconnaître l'artiste en question (à quelques exceptions près), pas de jeux à la "I was there" non plus pour incarner Cobain à différents âges.  D'ailleurs, très rares sont ses apparitions frontales. On entr'aperçois ou plutôt on le devine de dos ou affalé sur le sol, totalement emporté par un solo de guitare, sous l'effet de sa véritable drogue: la musique. 

Le documentaire retrace le parcours initiatique d'un gamin de l'Amérique profonde qui ne se sent pas vraiment à sa place et cherche encore sa voie malgré un avenir d'artiste tout tracé.
Un Kurt Cobain pas aussi passif qu'il n'y parait, un homme parfaitement réfléchi dont les citations pleuvent.
On y voit la maturité tuante d'un gamin de 25ans, qui après analyse comprend que ce monde n'a rien à lui offrir. Ce besoin continuel de se distinguer de la masse, cette impulsivité, cette misanthropie revendiquée... voilà qui change l'image du leader grunge qui s'avère être un fervent admirateur des Beatles.

Aucune trace de chanson de Nirvana. Et si la rumeur veut que Courtney Love ait refusé, nous préférons croire la version d'AJ Schnak, qui ne voyait pas l'intérêt de nous rebattre les oreilles avec les mêmes images et chansons, que l'on ne connait que trop bien.
Mais ses influences se succèdent sublimement, éclairant une sélection d'images (souvent) judicieuses. Retenons le superbe extrait de "The Man Who Sold The World" par Bowie qui illumine le merveilleux couché de soleil. Et c'est un défilé de chansons poignantes:  du Queen, The Vaselines, Iggy Pop...

Pourtant les paroles de Kurt Cobain n'ont pas eu besoin de fond. Loin de faire une ode à la drogue, il la considère comme calmant; sorte d'aide à la survie, nécessaire pour supporter les maladies qui débarquent, s'enchaînent pour ne plus s'en aller. On devine peut-être le mensonge dans son besoin constant de trouver une justification, mais peu importe, le personnage est bien plus sublimé par son charisme.

Ainsi, le montage du documentaire a réussi à presque ré-humanisé un simple produit du rêve américain, même si cela peut paraître péjoratif, qui se retrouve tiraillé entre l'envie de conquérir les foules, ses expérimentations musicales et sa vie personnelle exposée à ses dépends.
Il cherche à comprendre la fascination du public pour une vie qu'il ne trouve pas si extraordinaire que cela et qu'il cherche à préserver de tout séisme. Il s'étonne de la profonde tristesse qu'il transmet, lui, qui ne s'estime pas si malheureux, mais dont le souvenir d'un moment réellement joyeux est impossible.
Pourtant, on ne pense pas une seconde, en l'entendant, qu'il mourra l'année suivante quand à la fin du film il évoque ses plans pour 10 ans. "Est ce que Nirvana existera encore en 2000?".


Finalement, ce film n'est pas réservé aux fans inconditionnels de Nirvana ni aux admirateurs invétérés de Kurt Cobain. C'est l'histoire d'un homme, de ses rapports difficiles avec le monde extérieur et conflictuels avec lui-même; et l'excentricité de ses paroles:   "ma vie était merveilleuse jusqu'à mes 9 ans. Après je suis devenu maniaco-dépressif"    ne paraît finalement pas si invraisemblable tant le récit de sa vie est poignant.
About a son qui voulait juste marquer l'histoire et qu'on le laisse tranquille. Une investigation dans la vie tumultueuse d'un magnifique dépressif qui refusait que les gens le connaissent. Peut-être un hommage, peut-être la manifestation d'un simple fan...
Et l'image finale du visage de Kurt Cobain, qui nous apparaît totalement changé, fini de méduser.
Les gens quittent la toute petite salle parisienne, lentement, dans un silence religieux; pour la seule fois qu'ils l'entendront se livrer. 



 





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Published by The Clandestines - dans Filmographie & Littérature
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