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voxpop20
6 décembre 2008 6 06 /12 /décembre /2008 20:42



Nous sommes un des derniers pays à avoir vu apparaître, à l'affiche, Kurt Cobain About a son, le documentaire de AJ Schnack. Et pour ne rien enlever à ce manque d'intérêt; seulement quatre cinémas le proposent dont un seul et unique à Paris, de quoi laisser perplexe... Il s'agit peut être d'un documentaire à très peu d'intérêt, plébiscité par des critiques totalement coupées du monde ou juste une erreur de distribution comme malheureusement souvent.
Il serait néanmoins horriblement réducteur de minimaliser le travail du réalisateur qui a réussi à synthétiser en 97min les longues heures d'interviews de Michael Azerrad.



Rien à voir avec la vague des biopics mal agencés où on peine souvent à reconnaître l'artiste en question (à quelques exceptions près), pas de jeux à la "I was there" non plus pour incarner Cobain à différents âges.  D'ailleurs, très rares sont ses apparitions frontales. On entr'aperçois ou plutôt on le devine de dos ou affalé sur le sol, totalement emporté par un solo de guitare, sous l'effet de sa véritable drogue: la musique. 

Le documentaire retrace le parcours initiatique d'un gamin de l'Amérique profonde qui ne se sent pas vraiment à sa place et cherche encore sa voie malgré un avenir d'artiste tout tracé.
Un Kurt Cobain pas aussi passif qu'il n'y parait, un homme parfaitement réfléchi dont les citations pleuvent.
On y voit la maturité tuante d'un gamin de 25ans, qui après analyse comprend que ce monde n'a rien à lui offrir. Ce besoin continuel de se distinguer de la masse, cette impulsivité, cette misanthropie revendiquée... voilà qui change l'image du leader grunge qui s'avère être un fervent admirateur des Beatles.

Aucune trace de chanson de Nirvana. Et si la rumeur veut que Courtney Love ait refusé, nous préférons croire la version d'AJ Schnak, qui ne voyait pas l'intérêt de nous rebattre les oreilles avec les mêmes images et chansons, que l'on ne connait que trop bien.
Mais ses influences se succèdent sublimement, éclairant une sélection d'images (souvent) judicieuses. Retenons le superbe extrait de "The Man Who Sold The World" par Bowie qui illumine le merveilleux couché de soleil. Et c'est un défilé de chansons poignantes:  du Queen, The Vaselines, Iggy Pop...

Pourtant les paroles de Kurt Cobain n'ont pas eu besoin de fond. Loin de faire une ode à la drogue, il la considère comme calmant; sorte d'aide à la survie, nécessaire pour supporter les maladies qui débarquent, s'enchaînent pour ne plus s'en aller. On devine peut-être le mensonge dans son besoin constant de trouver une justification, mais peu importe, le personnage est bien plus sublimé par son charisme.

Ainsi, le montage du documentaire a réussi à presque ré-humanisé un simple produit du rêve américain, même si cela peut paraître péjoratif, qui se retrouve tiraillé entre l'envie de conquérir les foules, ses expérimentations musicales et sa vie personnelle exposée à ses dépends.
Il cherche à comprendre la fascination du public pour une vie qu'il ne trouve pas si extraordinaire que cela et qu'il cherche à préserver de tout séisme. Il s'étonne de la profonde tristesse qu'il transmet, lui, qui ne s'estime pas si malheureux, mais dont le souvenir d'un moment réellement joyeux est impossible.
Pourtant, on ne pense pas une seconde, en l'entendant, qu'il mourra l'année suivante quand à la fin du film il évoque ses plans pour 10 ans. "Est ce que Nirvana existera encore en 2000?".


Finalement, ce film n'est pas réservé aux fans inconditionnels de Nirvana ni aux admirateurs invétérés de Kurt Cobain. C'est l'histoire d'un homme, de ses rapports difficiles avec le monde extérieur et conflictuels avec lui-même; et l'excentricité de ses paroles:   "ma vie était merveilleuse jusqu'à mes 9 ans. Après je suis devenu maniaco-dépressif"    ne paraît finalement pas si invraisemblable tant le récit de sa vie est poignant.
About a son qui voulait juste marquer l'histoire et qu'on le laisse tranquille. Une investigation dans la vie tumultueuse d'un magnifique dépressif qui refusait que les gens le connaissent. Peut-être un hommage, peut-être la manifestation d'un simple fan...
Et l'image finale du visage de Kurt Cobain, qui nous apparaît totalement changé, fini de méduser.
Les gens quittent la toute petite salle parisienne, lentement, dans un silence religieux; pour la seule fois qu'ils l'entendront se livrer. 



 





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Published by The Clandestines - dans Filmographie & Littérature
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commentaires

mb 07/12/2008 21:04

Ah, c'est pour ça que depuis une semaine j'entends des morçeaux de Nirvana à la radio et pas les moindres... Lithium dans la semaine, leur version de Man Who Sold the World cet après-midi en allant faire du sport, et la sublime All Apologies au retour....